|
Avec un troisième trimestre jugé calme, les
opérateurs considèrent qu'il sera difficile d'atteindre ne serait-ce que
le nombre de touristes enregistré en 2010.
L’année 2011 touche à sa fin. Pourtant, il est
difficile de savoir si le secteur du tourisme tirera ou pas son épingle
du jeu durant cette année marquée, entre autres, par la crise dans les
marchés émetteurs, l’attentat au café Argana à Marrakech et le printemps
arabe. En effet, les statistiques officielles sont publiées de plus en
plus en retard, privant les professionnels et les analystes d’un
instrument de travail qui, sous d’autres cieux, permet de réajuster le
tir. D’ailleurs, après avoir regroupé les chiffres d’août et de
septembre en une seule livraison, publiée à la mi-novembre, le
département du tourisme n’a toujours pas, à l’heure où nous mettions
sous presse, dévoilé les chiffres du mois d’octobre et l’on se demande
bien quand ceux du mois de novembre seront connus.
A ce jour donc, on ne dispose
d’aucune donnée sur la tendance en termes d’arrivées et de nuitées pour
le dernier trimestre 2011. Ce faisant, on s’en remet donc aux prévisions
des professionnels qui affirment unanimement que 2011 sera moins bonne
que 2010, et ceci est d’autant plus plausible que les réservations pour
la dernière semaine de décembre restent très timides, dans le sillage
des deux premiers mois du dernier trimestre. La plupart des hôteliers
qualifient la fréquentation de leurs établissements durant les mois
d’octobre et de novembre 2011 de «plutôt calme». Considérant que l’année
2010 s’est achevée avec un nombre de touristes qui a dépassé
officiellement 9,5 millions, on ne voit pas comment, en un seul
trimestre, de surcroît jugé décevant par les opérateurs, on pourrait
faire mieux qu’en 2010, sachant qu’à fin septembre, on en était à 7,3
millions, soit une progression de 2% seulement. Le taux d’occupation des
hôtels classés avait par contre reculé d’un point par rapport à l’année
précédente, à 42%. Cette situation morose est confirmée par
l’Association des agences de voyages françaises (CETO), principal marché
émetteur du Maroc. Son président a affirmé récemment que les ventes
seront moins importantes qu’en 2010 au départ de la France vers
l’Afrique du nord. En outre, la baisse de la demande de manière globale
au niveau mondial, et notamment celle du principal marché qu’est
l’Europe, entraînera, selon les spécialistes, un ralentissement de la
croissance du secteur du tourisme de l’ordre de 3% durant les deux
prochaines années.
Ces constats et prévisions
n’inquiètent pas les milieux officiels. Lors de la dernière réunion de
son conseil d’administration, tenue le 28 novembre dernier pour
approuver son budget de l’année 2012, l’Office national marocain du
tourisme (ONMT), a, selon des sources sûres mais officieuses, prévu que
les arrivées augmenteraient de 3% en 2011 par rapport à 2010. Il prévoit
même une croissance de 5% en 2012, après avoir évalué les facteurs
négatifs et positifs pouvant avoir un impact sur la destination Maroc.
Sur le chapitre des facteurs négatifs, l’office énonce les politiques de
rigueur sur trois des principaux marchés émetteurs que sont la France,
l’Espagne et l’Italie et le retour progressif de la Tunisie en tant que
destination concurrente, sans oublier la réduction des dessertes de
Royal Air Maroc (RAM) sur plusieurs destinations internationales.
Une nouvelle campagne de communication : «Le Maroc qui voyage en
vous»
Mais apparemment la parade est toute prête, car l’ONMT estime que ces
aléas peuvent être surmontés par l’arrivée au Maroc de nouveaux produits
haut de gamme s’adressant à une clientèle qui n’est pas touchée par la
rigueur ambiante, le sursaut que connaît le segment du MICE (meetings,
incentives, conférences and exhibitions), autrement dit, le tourisme
d’affaires dans son ensemble ; l’intensification des vols RAM à partir
du marché anglais et la disponibilité des Marocains résidents à
l’étranger (MRE) à venir au Maroc. Enfin, il y a la promotion pour
laquelle un budget équivalent à celui de 2011, soit 550 MDH, est arrêté.
La gestion et l’affectation de ce
budget de promotion reste insensible à la conjoncture internationale et
suit le même schéma que les années précédentes. La campagne multimédias
et relations publiques (radio et télévision, cinéma, presse, affichage,
internet, etc.) ainsi que les manifestations devront absorber 73% de
l’enveloppe. L’animation du réseau de vente bénéficiera de 8%. Enfin,
19% est consacrée au co-marketing. Cette dernière rubrique gagnerait
peut être à être renforcée par les temps qui courent puisqu’elle
concerne directement les preneurs de décision, tour-opérateurs et
compagnies aériennes notamment.
S’agissant de la répartition
géographique du budget, la France arrive en tête avec 13%, suivie du
Royaume-Uni (10%), l’Allemagne et l’Italie (7% chacun) et la Belgique
5%. Le reste est réparti sur plusieurs marchés, entre autres l’Autriche
et les pays de l’Est (4%), la Scandinavie (4%), la Russie (4%), les pays
Bas (3%), la Suisse, les pays du Moyen-Orient, les Etats-Unis… Cette
campagne est conçue autour d’un nouveau slogan : «Le Maroc qui voyage en
vous» ?
Mohamed Moujahid. La Vie éco |