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L’affaire du renvoi pose évidemment
des problèmes de droit du travail, où il n’y a pas de
précédent. Pour compliquer le travail des juristes, le
président du directoire fait remarquer un problème de
date: il n’était pas en poste au moment de la conclusion
du contrat avec Boursomaroc, pas là non plus au moment
du changement informatique à l’origine de la diffusion
intempestive d’informations.
Mais, comme l’indique le CDVM, ce
«manquement collectif grave» qu’est la diffusion du
carnet d’ordres (permettant de savoir à l’avance l’état
exact du marché: qui va vendre ou acheter, en quelles
quantités et pour quels prix), n’est pas à l’origine de
la baisse brutale des cours les 15, 16 et 17 septembre
2008.
Les causes ne sont pas délicteuses:
pas d’ordres fictifs; les ordres hors seuil n’ont pas pu
influencer les cours (ils sont depuis la fin septembre
annulés automatiquement), et les quatre cas de vente à
découvert partiel ne sont pas assez importants pour
avoir influencé les cours.
Le CDVM a en revanche identifié les
raisons de la baisse brutale, sur lesquelles il faudra
se pencher pour d’éventuelles réformes. La première
raison est l’arrêt technique des programmes de rachats:
la Bourse baissait lentement depuis l’été, donc les
sociétés cotées qui avaient des autorisations de rachat,
n’ont plus pu le faire car le cours avait touché le plus
bas autorisé. Exit donc une série d’acheteurs.
La deuxième est le renversement de
tendance des OPCVM. D’acheteurs nets, ils sont devenus
vendeurs nets. De nombreux clients ont cherché à
récupérer leurs placements à partir du début août
(crainte de la crise mondiale, rentrée scolaire,
Ramadan, autres investissements… on ne sait pas
exactement).
Le troisième facteur est la sortie
des étrangers qui, eux, avaient vraiment besoin d’argent
à cause de la crise internationale.
Pris séparément, ces facteurs n’auraient jamais entraîné
une baisse des cours, ensemble, si.
CFG blanchi
Durant la «crise de la Bourse», des sociétés de Bourse
avaient été mises en cause par les rumeurs et une
d’entre elles, Dar Tawfir, filiale de la banque
d’affaires CFG Group, avait été accusée par écrit (dans
les colonnes de notre confrère, Le Matin du Sahara). Le
CDVM a donc réalisé une investigation spécifique la
concernant, investigation portant tout spécialement sur
l’accusation de ventes à découvert. Les enquêteurs ont
découvert que le système informatique de Dar Tawfir
annule automatiquement les ordres de clients qui ne
seraient pas déjà en possession des titres qu’ils
offrent à la vente (ce que les professionnels appellent
les «ventes à découvert». Les enquêteurs ont poussé le
souci du détail à faire des simulations: le système
informatique les a bloquées automatiquement.
Suite à ce rapport rendu public le 16
novembre 2008, CFG Group a annoncé qu’il déposerait
finalement la plainte en justice, plainte dont il avait
parlé sans la mettre à exécution, fin septembre.
Qu’est-ce que c’est?
Il a des modes dans les conversations
sur la Bourse. Il y a quelques temps on ne parlait que
de «délit d’initié»; aujourd’hui la mode est à la «vente
à découvert».
- La vente à découvert est l’acte de mettre en vente des
actions que l’on n’a pas. On agit ainsi lorsqu’on pense
qu’une action va sûrement baisser. Donc on vend
aujourd’hui à un prix x, sans avoir les titres, que l’on
rachètera à x-1 pour pouvoir les livrer effectivement au
moment convenu. On fait alors un bénéfice de 1 (moins
les commissions bien sûr). C’est un jeu dangereux, qui
peut rapporter beaucoup, mais où on peut «laisser sa
chemise», comme on dit, si le prix ne baisse pas comme
on l’attend. Il est interdit au Maroc. D’où les
auditions que le CDVM va faire des deux particuliers
marocains qu’il a pris à vendre à découvert.
- Le délit d’initié est le fait d’utiliser (ou de faire
utiliser par un proche) une information que l’on a dans
le cadre de son travail, pour en tirer un bénéfice
personnel en Bourse. Ce sont les employés, spécialement
les comptables, et les administrateurs des sociétés, qui
sont les plus exposés, parce que du fait de leur
position professionnelle, ils connaissent des
informations avant qu’elles ne soient diffusées par la
presse ou par un communiqué officiel. Mais, attention,
être initié ne veut pas dire que l’on va commettre le
délit.
Tous les jours, des centaines et des centaines de
personnes apprennent une information dans l’exercice de
leur métier, et ce n’est pas pour autant qu’elles se
précipitent à la Bourse pour en profiter
personnellement. Se servir d’une information que l’on
n’a pas eu dans l’exercice de son métier, n’est pas un
délit d’initié… à condition qu’on n’ait pas de lien avec
une personne, qui, elle, la connaît dans l’exercice de
son métier.
Source : Leconomiste
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