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La production cinématographique
marocaine, estimée actuellement à une quinzaine de films
par an, a évolué aussi bien sur le plan quantitatif que
qualitatif, a affirmé le réalisateur Mohamed Abderrahman
Tazi. |
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Grâce à cette évolution, les films marocains sont "très
prisés" dans les festivals du cinéma à travers le monde,
où ils sont de plus en plus primés et critiqués
"positivement", a-t-il ajouté dans un entretien accordé
à la MAP, en marge de la 8-ème édition du Festival
international du Film de Marrakech (FIFM), qui rend
hommage cette année au cinéma marocain à l'occasion de
son cinquantenaire.
M. Tazi, qui avait déjà fait partie du jury de l'édition
2003 de ce festival, a salué l'initiative de cette
édition d'honorer la cinématographie nationale qui a
fait un bon parcours depuis le film "Le fils maudit"
d'Ahmed Ousfour (1958) marquant le point de départ de
cette cinématographie. |
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Dans ce film, a-t-il poursuivi, Ahmed Ousfour s'érigeait
en un artiste "complet" dans ce sens qu'il s'occupait de
tous (réalisation, interprétation, développement et
projection du film...).
Il a fait remarquer toutefois que le début effectif du
cinéma marocain remonte à 1968 avec les premiers films
cofinancés par le Centre
cinématographique marocain (CCM), citant les films
"Vaincre pour vivre", "Quand mûrissent les dattes" et le
"Soleil de printemps".
Selon lui, les initiatives privées ont commencé à
émerger à partir de 1970 avec les films de "Wechma"
(Traces) de Hamid Bennani et "El Chergui" (Silence
violent) de Moumen Smihi.
Mais ce n'est qu'à partir de 1980 que l'Etat a fait de
grands efforts pour soutenir la production
cinématographique du secteur privé avec la création d'un
fonds d'aide spécifique, ce qui a permis de passer de 1
à 2 films par an à une quinzaine films actuellement,
a-t-il relevé.
Sur le plan qualitatif, le réalisateur de Badis (1989) a
fait état de l'émergence aujourd'hui d'une nouvelle
génération de films réalisés par de jeunes artistes
marocains, venus d'ici et d'ailleurs, qui proposent des
sujets en phase avec les préoccupations du moment.
Il a toutefois mis en garde contre le risque d'altérer
l'identité marocaine en faisant de plus en plus appel à
des fonds étrangers, mettant l'accent sur l'importance
de préserver l'identité nationale dans les oeuvres
cinématographiques marocaines quelle qu'en soit la
source de financement.
De même, il a souligné l'intérêt de réconcilier le
public marocain avec le cinéma, en particulier chez les
jeunes, sachant que l'âge de fréquentation des salles de
cinéma se situe en général entre 15 et 23 ans.
M. Tazi a plaidé dans ce sens pour la multiplication des
infrastructures dédiées à la projection de films,
notamment dans les établissements scolaires et les
universités et les maisons de culture.
Il a également insisté sur la nécessité de protéger les
droits d'auteurs et leurs oeuvres contre le piratage qui
reste étroitement lié à la problématique de l'informel,
appelant dans ce sens à la mise en oeuvre des textes en
vigueurs dans ce domaine.
Né à Fés en 1942, Mohamed Abderrahman Tazi compte à son
actif plusieurs films, dont "le Grand voyage" (1981), "Badis"
(1989) et "A la recherche du mari de ma femme" (1993) et
"Lalla Hobby" (1996).
Source : MAP
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